L'essai argumenté
P47.b2-writing.01 · Audience: guest, language-pro, it-ml · Prerequisites: L'épreuve de PE : la prise de position et la grille de notation, Le paragraphe de thèse : annoncer et tenir une position, Le bloc argumentatif : affirmation, développement, exemple, Les connecteurs qui structurent : d'abord… en définitive, Le mouvement concessif : certes… mais, Les faits avant les sentiments : les lignes de preuve
This is the full exam task, not the first step. It asks for everything at once — position, developed arguments, a conceded objection, connectors, conclusion — and it is graded that way. The rungs listed as prerequisites above build those pieces one at a time: the marking grid, the thesis paragraph, the argument block, the connectors, the concession move, the evidence line. If a submission here comes back short, that list is where the missing piece is taught. Coming straight here to see where you stand is a fine way to start — just come back to the builders with the result.
The first DELF B2 production écrite genre: take a clear position on a debate and defend it in about 250 words. The examiners grade against descriptors, and the descriptors reward structure you can point at:
- an introduction that states the position (not "it's complicated");
- two or three developed arguments — each one claim + one development + one example, not five claims in a row;
- one objection acknowledged and answered (certes… mais, on objectera que…);
- connectors doing real work: d'abord, ensuite, en revanche, c'est pourquoi, en définitive;
- a conclusion that concludes — restating the position with its strongest reason, not opening a new topic.
Pick a subject, write, submit. The grader scores you against B2 descriptors with a model answer as reference, tells you what already works and what is missing, and your score feeds the PE axis in the weekly review. Aim for the pass bar, then aim past it.
Six subjects are on offer, and they are not all the same exercise. Two carry no model at all — that is the exam as it actually is, and it is the one to sit when you want an honest reading. The four marked modèle unlock three worked versions once your own text has been graded, never before: writing first is what makes the model teach instead of being copied. The four essays further down the page are the third kind — models to study cold, on subjects the app will never set you.
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Quatre essais modèles, en trois variantes
Écrivez d'abord : un premier jet à vous vaut mieux qu'un modèle recopié. Ensuite, ouvrez ceux-ci.
Chaque sujet est traité trois fois. A et B portent les mêmes idées dans le même ordre et ne diffèrent que par la personne ou le phrasé — ce qui reste constant, c'est le mouvement ; ce qui change, c'est la langue. C fait autre chose : un autre plan, ou la position inverse. Elle est là pour qu'on voie qu'aucune de ces copies n'est la bonne réponse, et pour préparer la discussion qui suit l'exposé à l'oral.
Aucun de ces sujets n'est un sujet que l'application vous proposera.
Faut-il rendre le bénévolat obligatoire pour les jeunes ?
Ce qui varie entre A et B : personne — je → on / nous.
| Mouvement | Variante A | Variante B |
|---|---|---|
| Introduction — thèse | Depuis plusieurs années, l’idée d’un engagement associatif imposé aux moins de vingt-cinq ans revient régulièrement dans le débat public. Rendre le bénévolat obligatoire partirait d’une bonne intention, mais je considère qu’une telle mesure n’obtiendrait pas les bénéfices escomptés et produirait peut-être même les effets contraires. | Depuis plusieurs années, l’idée d’un engagement associatif imposé aux moins de vingt-cinq ans revient régulièrement dans le débat public. L’intention est louable ; on peut cependant douter qu’une telle mesure produise les bénéfices attendus, et craindre qu’elle n’aboutisse à l’inverse. |
| Argument 1 | D’abord, l’obligation détruit ce qui fait la valeur de l’engagement. Un bénévole donne de son temps parce qu’il l’a décidé ; contraint, il exécute une tâche et compte les heures. Les associations que j’ai côtoyées le disent sans détour : elles préfèrent trois volontaires convaincus à dix inscrits venus valider une attestation. | En premier lieu, la contrainte dissout ce qui fait la valeur de l’engagement. Le bénévole s’implique parce qu’il a choisi de le faire ; obligé, il accomplit une tâche et surveille l’horloge. Les responsables associatifs ne disent pas autre chose : mieux vaut trois volontaires convaincus que dix inscrits venus chercher une attestation. |
| Argument 2 | Ensuite, la mesure pèserait inégalement. Un étudiant logé par sa famille trouvera facilement quelques heures ; celui qui travaille pour financer ses études les prendra sur son sommeil ou sur ses révisions. Une obligation identique pour tous produit ici une charge très différente selon les moyens de chacun. | En second lieu, l’effort demandé ne pèserait pas du même poids sur tous. Pour l’étudiant hébergé par sa famille, quelques heures se trouvent sans peine ; pour celui qui travaille afin de financer ses études, elles se prendront sur le sommeil ou sur les révisions. Une même obligation crée ici des charges très inégales. |
| Concession | Certes, on objectera que l’obligation permet de faire découvrir le monde associatif à des jeunes qui n’y seraient jamais entrés, et l’argument a du poids. Mais la découverte n’exige pas la contrainte : un dispositif court, rémunéré et facultatif, présenté dans les lycées, atteindrait le même public sans le braquer. | Certes, on soutiendra que l’obligation ferait découvrir le monde associatif à des jeunes qui n’y entreraient jamais, et l’argument porte. Mais faut-il contraindre pour faire découvrir ? Un dispositif bref, rémunéré et volontaire, présenté au lycée, toucherait le même public sans le heurter. |
| Conclusion | En définitive, il ressort de ces éléments que le problème n’est pas le manque de volonté, mais le manque d’occasions visibles et accessibles. C’est pourquoi je défendrais plutôt un droit au bénévolat — information, temps libéré, reconnaissance dans le cursus — qu’un devoir de bénévolat. | En définitive, ce n’est pas la volonté qui manque, mais les occasions visibles et accessibles. Aussi défendrait-on plus utilement un droit au bénévolat — information, temps libéré, reconnaissance dans le cursus — qu’un devoir de bénévolat. |
Ce qui change entre A et B
- je considère que → on peut douter que + subjonctif
- D’abord / Ensuite → En premier lieu / En second lieu
- on objectera → on soutiendra
- C’est pourquoi je défendrais → Aussi défendrait-on (inversion)
Variante C — position opposée. Plan : ce que promet le volontariat → ce qu’il produit → ce que l’obligation corrige → la limite à lui poser.
Le volontariat associatif repose sur une promesse séduisante : chacun s’engage parce qu’il l’a choisi, et l’engagement n’en vaut que mieux. Cette promesse mérite d’être confrontée aux faits.
Dans les faits, le volontariat recrute toujours dans les mêmes milieux. Les enquêtes des fédérations associatives le montrent depuis des années : l’engagement bénévole croît avec le diplôme et avec le revenu des parents. Laisser faire le choix individuel, ce n’est pas neutre — c’est reconduire les inégalités d’accès à la vie civique.
Une obligation encadrée corrige précisément cela. Elle fait entrer dans une association des jeunes que personne n’y aurait conduits, et l’expérience du service civique le confirme : une part importante des volontaires prolonge son engagement au-delà de la période obligatoire. Ce que le choix n’avait pas produit, le cadre l’a rendu possible.
On répondra que l’engagement contraint n’est plus de l’engagement, et l’objection est sérieuse. Elle vaut toutefois contre une obligation mal conçue, non contre son principe : c’est la durée, la rémunération et la qualité de l’accueil qui font la différence entre une corvée et une découverte.
En définitive, il ne s’agit pas d’obliger à aimer le bénévolat, mais d’obliger la société à le proposer à tous. La contrainte porte moins sur le jeune que sur les institutions qui, jusqu’ici, n’ont ouvert la porte qu’à ceux qui savaient déjà où elle se trouvait.
A et B refusent l’obligation ; C la défend, avec les mêmes outils de langue. À l’oral, c’est l’argumentaire qu’il faudra affronter — l’avoir écrit une fois, c’est pouvoir y répondre sans le découvrir.
Faut-il supprimer les notes chiffrées à l’école ?
Ce qui varie entre A et B : phrasé — je dans les deux.
| Mouvement | Variante A | Variante B |
|---|---|---|
| Introduction — thèse | La suppression des notes chiffrées à l’école primaire est régulièrement présentée comme le remède à l’anxiété scolaire. La question mérite mieux qu’un slogan : ce n’est pas la note qui pose problème, mais l’usage qu’on en fait. | On présente régulièrement la suppression des notes chiffrées à l’école primaire comme le remède à l’anxiété scolaire. Je crois la question mal posée : le problème ne vient pas de la note elle-même, mais de l’usage qu’on en fait. |
| Argument 1 | D’abord, la note remplit une fonction que rien ne remplace gratuitement : elle situe. Un élève, et surtout sa famille, doit pouvoir savoir où il en est par rapport à ce qui est attendu. Remplacer 12/20 par « en cours d’acquisition » ne supprime pas la comparaison ; cela la rend simplement moins lisible pour ceux qui maîtrisent le moins les codes de l’école. | En premier lieu, la note assure une fonction que rien ne remplace sans coût : elle situe. Un élève, et plus encore sa famille, doit pouvoir mesurer l’écart entre ce qu’il produit et ce qui est attendu. Substituer « en cours d’acquisition » à 12/20 n’efface pas la comparaison ; cela la rend seulement plus opaque pour les familles les moins familières des codes scolaires. |
| Argument 2 | Par ailleurs, l’anxiété tient moins au chiffre qu’à ce qu’on y accroche. Une note rendue en silence, sans explication, classe ; la même note commentée, avec l’indication de ce qu’il faut reprendre, enseigne. Les enseignants qui rendent leurs copies avec deux lignes de correction obtiennent, à note égale, des élèves nettement moins découragés. | En outre, l’angoisse tient moins au chiffre qu’à ce qu’on lui fait porter. Rendue sans un mot, une note classe ; accompagnée de l’indication de ce qu’il faut reprendre, la même note enseigne. À note égale, les enseignants qui rendent leurs copies avec deux lignes de correction obtiennent des élèves nettement moins découragés. |
| Concession | Certes, il est vrai que la notation précoce installe chez certains enfants une image durable d’eux-mêmes, et l’on ne saurait balayer ce constat. Mais la réponse tient alors dans la fréquence et dans la forme — noter moins souvent, noter ce qui est enseigné — non dans la disparition de tout repère. | Il est vrai, je le reconnais, que noter tôt installe chez certains enfants une image durable d’eux-mêmes, et ce constat ne se balaie pas. Reste que la réponse se trouve dans la fréquence et dans la forme — noter moins souvent, ne noter que ce qui a été enseigné — non dans la disparition de tout repère. |
| Conclusion | En définitive, supprimer la note sans changer la manière d’évaluer reviendrait à retirer le thermomètre en espérant faire tomber la fièvre. C’est l’accompagnement de l’évaluation, et non son chiffre, qu’il faut réformer. | Au total, supprimer la note sans changer la façon d’évaluer, ce serait ôter le thermomètre pour faire tomber la fièvre. C’est l’accompagnement de l’évaluation qu’il faut réformer, non son chiffre. |
Ce qui change entre A et B
- La question mérite mieux qu’un slogan → Je crois la question mal posée
- D’abord / Par ailleurs → En premier lieu / En outre
- Certes… Mais… → Il est vrai, je le reconnais, que… Reste que…
- En définitive → Au total
Variante C — même position, autre plan. Plan : cause → effet → remède.
Le débat sur les notes chiffrées se trompe de cible. Avant de demander s’il faut les supprimer, il faut demander d’où vient le mal qu’on leur reproche.
La cause. La note est devenue, dans beaucoup de classes, le seul message adressé à l’élève. Faute de temps, elle circule sans commentaire : un chiffre, une moyenne, un classement implicite. Ce n’est pas l’outil qui est en cause, c’est son isolement.
L’effet. Privée d’explication, la note cesse d’informer et se met à définir. L’élève ne lit plus « ce travail vaut 9 » mais « je vaux 9 ». Les familles les moins familières de l’école en tirent la même conclusion, et l’écart se creuse entre ceux qui savent décoder un bulletin et les autres.
Le remède. Il tient en trois gestes simples, et aucun ne suppose la disparition du chiffre : noter moins souvent, ne noter que ce qui a été explicitement enseigné, et ne jamais rendre une note sans indiquer la reprise attendue. Là où ces règles sont appliquées, les enseignants observent des élèves moins découragés à note identique.
Supprimer la note laisserait donc le problème intact tout en retirant un repère. C’est la pratique de l’évaluation qu’il faut réformer — le chiffre n’est que le messager qu’on accuse.
Même conclusion que A et B, mais l’ordre du raisonnement change : on ne défend plus une position contre une autre, on remonte d’un symptôme à sa cause. Ce plan sert quand l’examinateur demande « pourquoi ? » plutôt que « êtes-vous pour ou contre ? ».
Faut-il limiter l’accès aux sites naturels les plus fréquentés ?
Ce qui varie entre A et B : personne — je → on / nous.
| Mouvement | Variante A | Variante B |
|---|---|---|
| Introduction — thèse | Calanques, dunes, lacs de montagne : plusieurs sites naturels français ont instauré des quotas de visiteurs. La mesure heurte une idée simple, celle d’une nature ouverte à tous ; je pense pourtant qu’elle est devenue nécessaire, à condition d’être bien conçue. | Calanques, dunes, lacs d’altitude : plusieurs sites naturels français ont instauré des quotas de visiteurs. La mesure heurte une idée simple, celle d’une nature ouverte à tous. Elle nous paraît pourtant devenue nécessaire, pourvu qu’elle soit bien conçue. |
| Argument 1 | D’abord, la fréquentation dégrade ce qu’elle vient chercher. Un sentier piétiné hors des passages balisés met des années à se reconstituer, et la faune s’éloigne bien avant que le promeneur ne s’en aperçoive. Là où des quotas ont été mis en place, les gestionnaires constatent le retour d’espèces qu’on n’observait plus. | D’une part, la fréquentation abîme ce qu’elle vient admirer. Un sentier piétiné hors des passages balisés met des années à se refermer, et la faune s’éloigne bien avant qu’on ne s’en aperçoive. Là où des quotas ont été instaurés, les gestionnaires signalent le retour d’espèces devenues invisibles. |
| Argument 2 | Ensuite, l’absence de règle ne protège pas l’égalité d’accès : elle la remplace par la loi du premier arrivé, c’est-à-dire, en pratique, de celui qui habite le plus près ou possède une voiture. Une réservation gratuite et nominative répartit plus justement qu’un parking saturé dès huit heures. | D’autre part, l’absence de règle ne garantit nullement l’égalité d’accès : elle y substitue la loi du premier arrivé, c’est-à-dire, dans les faits, de qui habite le plus près ou dispose d’une voiture. Une réservation gratuite et nominative répartit plus équitablement qu’un parking saturé dès huit heures. |
| Concession | Certes, on rétorquera qu’une nature sur réservation cesse d’être un espace de liberté, et l’objection touche juste. Mais la liberté d’accès n’a de sens que s’il reste quelque chose à voir : c’est le site détruit, non le site régulé, qui ferme définitivement. | Sans doute nous objectera-t-on qu’une nature sur réservation cesse d’être un espace de liberté, et l’objection touche juste. Encore faut-il qu’il reste quelque chose à contempler : c’est le site détruit, non le site régulé, qui se ferme pour de bon. |
| Conclusion | En définitive, il ressort que la question n’est pas de savoir s’il faut limiter, mais comment : gratuité, information en amont, priorité aux transports collectifs. Réguler l’accès n’est pas privatiser un bien commun, c’est refuser de le laisser s’user faute de règles. | En définitive, la question n’est pas de savoir s’il faut limiter, mais comment : gratuité, information en amont, priorité aux transports collectifs. Réguler l’accès à un bien commun, ce n’est pas le privatiser ; c’est refuser de le laisser s’user faute de règles. |
Ce qui change entre A et B
- je pense que → Elle nous paraît
- D’abord / Ensuite → D’une part / D’autre part
- Certes, on rétorquera → Sans doute nous objectera-t-on (inversion)
- Mais… n’a de sens que si → Encore faut-il que…
Variante C — position opposée. Plan : reconnaître le constat → refuser la réponse → proposer l’alternative.
Que les sites naturels les plus courus souffrent de leur succès, personne ne le conteste sérieusement. Le désaccord porte sur la réponse : les quotas me paraissent la solution la plus simple à annoncer et la moins juste à appliquer.
Il faut d’abord voir ce que la réservation produit. Elle transforme une promenade en démarche administrative, et cette démarche n’est pas également accessible à tous : elle suppose un smartphone, une connexion, la capacité de planifier une sortie dix jours à l’avance. Les familles qui décident au dernier moment, parce que leur emploi du temps ne se planifie pas, sont les premières exclues.
Ensuite, le quota traite le symptôme et ignore la cause. Ce qui abîme un site, ce n’est pas le nombre en soi, c’est la concentration : mêmes heures, mêmes parkings, mêmes cent mètres de sentier. Étaler la fréquentation coûte moins cher que la rationner — navettes tôt et tard, ouverture de sentiers parallèles, information sur les créneaux creux.
Certes, on objectera que certains sites sont si fragiles qu’aucun aménagement ne suffira, et c’est exact pour quelques-uns. Mais l’exception ne fait pas la règle : appliquer à des centaines de sites un dispositif conçu pour une poignée de milieux menacés, c’est régler un problème rare au prix d’une restriction générale.
En définitive, avant de fermer la porte, il faut avoir essayé d’élargir le couloir. La régulation par l’aménagement mérite d’être tentée sérieusement — le quota devrait être le dernier recours, non le premier réflexe.
C reprend le constat de A et B puis bifurque : même diagnostic, réponse inverse. C’est le mouvement le plus utile en discussion — concéder le fait pour mieux contester la solution.
La semaine de quatre jours doit-elle se généraliser ?
Ce qui varie entre A et B : phrasé — je dans les deux.
| Mouvement | Variante A | Variante B |
|---|---|---|
| Introduction — thèse | Plusieurs entreprises européennes ont expérimenté la semaine de quatre jours sans baisse de salaire. Les résultats publiés sont encourageants, mais les généraliser par la loi me paraît prématuré. | Plusieurs entreprises européennes ont expérimenté la semaine de quatre jours sans réduction de salaire, et les résultats publiés incitent à l’optimisme. J’estime néanmoins qu’une généralisation par la loi serait prématurée. |
| Argument 1 | D’abord, les expérimentations connues portent sur des activités où le travail se mesure en projets, non en présence. Réduire la semaine d’un cadre qui organise lui-même son temps est une chose ; la réduire dans un service d’urgences ou une école en est une autre, où l’heure non travaillée doit être couverte par quelqu’un. | D’une part, les essais dont nous disposons portent sur des activités où le travail se mesure en projets et non en présence. Alléger la semaine d’un cadre maître de son emploi du temps est une chose ; l’alléger dans un service d’urgences ou dans une école en est une autre, où l’heure non travaillée devra bien être assurée par quelqu’un. |
| Argument 2 | Par ailleurs, la mesure risque d’intensifier ce qu’elle prétend alléger. Les salariés interrogés dans ces essais signalent des journées plus denses et des pauses raccourcies : le temps libéré à l’extérieur se paie parfois d’une fatigue accrue à l’intérieur. | D’autre part, la mesure pourrait intensifier ce qu’elle prétend alléger. Interrogés au cours de ces essais, les salariés font état de journées plus denses et de pauses écourtées : le temps gagné au-dehors se paie parfois d’une fatigue accrue au-dedans. |
| Concession | Certes, il faut reconnaître que les entreprises ayant franchi le pas rapportent moins d’arrêts maladie et des départs plus rares, ce qui n’est pas un mince résultat. Mais ces gains ont été obtenus par des organisations volontaires, qui avaient préparé le changement — conditions qu’une généralisation uniforme ne reproduira pas d’elle-même. | Il faut reconnaître, en revanche, que les entreprises ayant sauté le pas rapportent moins d’arrêts maladie et des départs plus rares, et le résultat n’est pas mince. Encore ces gains ont-ils été obtenus par des organisations volontaires, qui avaient préparé le changement — condition qu’une généralisation uniforme ne recréera pas d’elle-même. |
| Conclusion | En définitive, la semaine de quatre jours mérite d’être encouragée, financée et évaluée secteur par secteur, plutôt qu’imposée partout au même rythme. Ce qui fonctionne quand on le choisit échoue souvent quand on le subit. | Au total, mieux vaudrait encourager, financer et évaluer la semaine de quatre jours secteur par secteur que l’imposer partout au même rythme. Ce qu’on adopte réussit souvent ; ce qu’on subit échoue. |
Ce qui change entre A et B
- me paraît prématuré → J’estime néanmoins que… serait prématurée
- Les salariés interrogés… signalent → Interrogés au cours de ces essais, les salariés font état de
- Certes… Mais… → Il faut reconnaître, en revanche… Encore… ont-ils…
- En définitive → Au total
Variante C — même position, autre plan. Plan : chronologique — hier / aujourd’hui / demain.
La semaine de quatre jours n’est pas une idée neuve, et son histoire éclaire le débat actuel mieux que les prises de position.
Hier. L’idée est apparue dans les années 1990 comme un instrument de partage du travail : on réduisait le temps pour créer des emplois, souvent avec une baisse de rémunération. Les expériences de cette période ont laissé un souvenir mitigé, et c’est ce souvenir qui nourrit encore une partie des réticences.
Aujourd’hui. L’argument a changé de nature. Les entreprises qui expérimentent aujourd’hui ne cherchent pas à partager le travail mais à retenir leurs salariés : à salaire constant, elles rapportent moins d’arrêts maladie et des départs plus rares. Les salariés interrogés décrivent pourtant des journées plus denses, ce qui invite à la prudence : le temps libéré au-dehors se paie parfois au-dedans.
Demain. La question n’est donc plus de savoir si la mesure fonctionne, mais où et à quelles conditions. Un service d’urgences ne se réorganise pas comme un bureau d’études, et l’heure non travaillée devra bien être assurée par quelqu’un. C’est pourquoi la généralisation par la loi me paraît prématurée : mieux vaut encourager, financer et évaluer secteur par secteur.
Ce que trente ans d’expérimentations enseignent est simple : la réduction du temps de travail réussit quand elle est préparée et choisie, et échoue quand elle est décrétée.
Le plan chronologique dispense d’annoncer un plan : la succession fait la structure. Utile à l’oral quand on dispose de peu de temps de préparation.
Les tournures à avoir en réserve
Repérées dans les modèles ci-dessus, et travaillées une par une dans les rungs 04 à 07.
Annoncer sa position — je considère que… · on peut douter que + subjonctif · je crois la question mal posée · il ne s'agit pas de… mais de…
Enchaîner — d'abord / ensuite / enfin · en premier lieu / en second lieu · d'une part / d'autre part · par ailleurs · en outre
Développer et illustrer — dans les faits… · les enquêtes le montrent : … · là où…, on constate que…
Concéder puis revenir — certes… mais… · il est vrai que… reste que… · on objectera que… · sans doute nous objectera-t-on que… · encore faut-il que + subjonctif
Attribuer — selon… · d'après… · les salariés interrogés font état de… · il ressort de cette étude que…
Conclure — en définitive · au total · c'est pourquoi… · aussi + inversion
Ce sont les tournures que ces modèles emploient. Le répertoire complet — par fonction, avec l'oral et l'écrit distingués et le registre marqué — vit dans la boîte à outils de l'expression, et les mots par thème dans les lexiques.
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